L’Amicale des retraités BNP Paribas

Mise à jour le : 12 Mar 2026
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Publicité de 1958 pour la Caisse de Retraite de la C.G.E.R. - Archives historiques de BNP Paribas (AH00017939)

En 1970, Simone de Beauvoir dénonce dans La Vieillesse la « conspiration du silence » à l’encontre des personnes âgées. Mais à la BNP, l’Amicale des Retraités a déjà sept ans. Depuis 1963, son histoire croise celle des banques ancêtres du groupe BNP Paribas.


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« Devant l’image que les vieilles gens nous proposent de notre avenir, nous demeurons incrédules ; une voix en nous murmure absurdement que cela ne nous arrivera pas : ce ne sera plus nous quand ça arrivera. Avant qu’elle ne fonde sur nous, la vieillesse est une chose qui ne concerne que les autres. Ainsi peut-on comprendre que la société réussisse à nous détourner de voir dans les vieilles gens nos semblables. »

— Simone de Beauvoir, La vieillesse

Avant l’Amicale, une profession déjà solidaire de ses aînés

Dès le début du 20e siècle, la Banque a pris en charge la question de ses retraités. Une caisse de prévoyance pour les employés de la Banque de Paris et des Pays-Bas est créée dans les années 1900. Elle est cogérée par des employés élus par leurs pairs, et par une délégation de la Direction Générale, dont elle reçoit d’ailleurs des dons généreux.

Le principe est simple : tous les employés adhèrent automatiquement à la Caisse, et une part de leur salaire y est versée chaque mois. Cet argent fructifie grâce au portefeuille de la Caisse de prévoyance, qui bénéficie de l’expertise et du réseau des banquiers. Au bout de cinq ans, les employés peuvent liquider leur compte.

Après la Libération, en 1945, la retraite par répartition devient la norme. La Caisse de prévoyance est alors liquidée, mais le Gouvernement autorise l’existence d’une Caisse complémentaire à Paribas, à condition qu’elle soit plus favorable aux employés que le régime général. C’est le cas ! Au lieu des 65 ans légaux, la Caisse de retraites offre une pension complète dès 60 ans, et après seulement 20 ans de service.

Malgré cette belle solidarité, les retraités ne sont pas représentés dans ces instances. Ce n’est qu’au début des années 1960 que leur voix se fraie un chemin jusqu’au monde des actifs, dans le Journal de la Banque nationale pour le commerce et l’industrie. 

« Rejeté du groupe. Hostile lui-même au regroupement, le troisième âge n’a pas pu faire sentir la nécessité qu’il avait d’un outil collectif. […] Tout est à créer : des services d’aide, des services de garde, des services immobiliers, des services de transport, des services d’échanges, des services de renseignements, des services financiers, c’est-à-dire tout un ensemble administratif dont il n’existe pas la moindre ébauche ». Journal d’entreprise de la BNCI, 174, 1963

Un besoin vital de lien

Ce message, publié dans le Journal de l’entreprise, provient de l’Association Amicale des Retraités de la BNCI. Cette Amicale avait été créée en 1947, à la suite des réformes de la retraite, comme à Paribas. Mais totalement inactive, elle était tombée dans l’oubli. Elle renaît définitivement en 1963 : c’est là que commence l’histoire de l’ADR BNP Paribas.

Le 3 décembre, 200 retraités réunis au 8 rue de la Nation votent les statuts de l’Association. La Direction Générale de la banque « exprima toute sa satisfaction de voir cette association demeurée en sommeil jusqu’à maintenant prendre véritablement vie et perpétuer ainsi la grande famille BNCI jusqu’à la limite extrême ». Le succès est fulgurant : 800 nouveaux retraités adhèrent en trois mois, et les effectifs ne cessent de croître.

Le président d’honneur annonce clairement le but essentiellement social et d’entraide de l’ADR. Toutes questions politiques ou religieuses en sont bannies. Les années 1960 voient le développement de la gérontologie sociale, et l’ADR en applique les principes. Le but est de conserver une vie active après la retraite, garder le contact avec son entreprise et développer de nouveaux liens avec des confrères retraités. Pour les adhérents, c’est le début d’une nouvelle vie.

Présentation de l’ADR

Amicale des Retraités BNP Paribas

11 Bonnes Raisons D'adhérer à L'adr

Depuis 1968, l’ADR publie régulièrement son journal, Amitiés Info. Ce bulletin d’informations adressé aux retraités regroupe toutes les informations utiles pour faciliter leur deuxième vie. On y trouve notamment des actualités de la banque, des informations sur les droits à la retraite, des annonces de banquets de retraités et des propositions de voyages.

Une histoire de fusions à retardement

L’évolution de ces associations au fil des ans est complexe et reflète les évolutions du Groupe. Lorsque les banques fusionnent, les communautés de retraités doivent également s’adapter. Ce fut le cas avec la création de la BNP en 1966, puis avec la fusion de BNP et Paribas en 2000. Les Amicales de retraités ont dû prendre le temps de trouver un terrain d’entente pour réussir leurs fusions. Mais on y est arrivé !

L’Union des retraités, l’association de retraités du CNEP créée en 1956, avait une histoire et une identité propres. C’est ce qui explique qu’elle n’a fusionné avec l’ADR qu’en 1990, soit 24 ans après la naissance de la BNP. Bien que de philosophie différente, l’Union des retraités ayant une orientation plus politique, il devenait illogique pour les nouveaux retraités qui avaient vécu la majorité de leur carrière à la BNP, de devoir choisir entre une Union issue du CNEP et une Amicale issue de la BNCI.

En se mariant avec l’Union des retraités, l’ADR développe d’ailleurs une position plus politique. En 1993, elle se lance dans un combat de 10 ans pour renégocier, avec la Direction Générale de la BNP, le règlement de sa Caisse de Retraites.

Huit ans seront par la suite nécessaires pour permettre la fusion entre l’ADR et l’Association des retraités de Paribas. L’Amicale des Retraités de BNP Paribas naît ainsi le 1er janvier 2008, et continue à vivre aujourd’hui grâce à l’activité de ses bénévoles, héritiers d’une longue lignée de retraités du Groupe !


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