1973 : naissance du partenariat entre BNP Paribas et Roland-Garros
Qui aurait parié sur le fait que le « petit » contrat de parrainage signé avec Roland-Garros en 1973 pour faire de la publicité à la jeune Banque Nationale de Paris (BNP) deviendrait le plus long partenariat dans l’histoire du sponsoring sportif ? Découvrez comment BNP Paribas est devenu le parrain officiel de l’un des plus grands tournois de tennis au monde et le sponsor numéro un du tennis mondial depuis plus de 50 ans.
La genèse d’un partenariat au long court
De la construction du stade aux premiers « internationaux de France »
L’épreuve du « Championnat de France sur terre battue », créée en 1891, est d’abord réservée aux joueurs licenciés en France. Il faudra attendre 1925 pour qu’elle s’ouvre aux joueurs étrangers et prenne le nom d’ « Internationaux de France ».
En 1927, la victoire des « quatre mousquetaires » en coupe Davis consacre la place du tennis français sur la scène internationale. Les organisateurs décident alors de construire un stade à sa mesure. Ce stade, d’une capacité de six mille places, portera le nom de Roland Garros, un pionnier de l’aviation disparu au combat durant la Première Guerre mondiale, et sera construit près de la Porte d’Auteuil sur un terrain de 3 hectares offert par la ville de Paris (l’histoire d’un stade construit en un an et bientôt centenaire)
En moins de six mois, le nouveau stade de Roland-Garros est construit et accueille, dès juin 1928, son premier tournoi des « Internationaux de France ».
Des caravane-guichets au premier partenariat
La BNP, jeune banque née en 1966 de la fusion entre la BNCI et le CNEP, doit se développer auprès du grand public, alors faiblement bancarisé. À cette époque, seuls 18% des Français sont détenteurs d’un compte chèque.
Depuis 1971, l’agence BNP d’Auteuil tient le compte bancaire de la Fédération française de tennis (FFT). Et cette même année, la BNP installe une caravane-guichet dans l’enceinte de Roland-Garros pendant le tournoi pour des opérations de change, paiements des joueurs, ou retraits de dépannage pour les spectateurs.
En parallèle, le président du tournoi, Philippe Chatrier, souhaite construire des loges sur le court central de Roland-Garros. Il a besoin d’une banque pour financer le projet.
C’est ainsi qu’en 1973, Pierre Ledoux profite du désistement de l’ancien sponsor du tournoi pour signer un « petit » partenariat qui permet de financer les travaux. En contrepartie, le nom de la BNP vient recouvrir les fameuses bâches de fond de courts, et s’affiche dès 1974 sur les maillots des 150 ramasseurs de balles habillés par Adidas.

La caravane guichet de la BNP en 1987
(Archives historiques de BNP Paribas – 4fI949)
Pour la BNP, c’était un moyen comme un autre pour se faire de la publicité, en surfant sur l’image sympathique du tennis.

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La BNP monte au filet : conquête du grand public
Dans les années 1980, le tennis se démocratise. Le nombre de licenciés à la FFT passe de 167 000 en 1970 à 800 000 en 1980. Les joueurs professionnels commencent à devenir de véritables stars. Björn Borg est le symbole de ce nouveau tennis : il est le premier à bénéficier de la présence de caméras au bord du court.
Une couverture médiatique du tournoi en constante progression
En 1978 a lieu la première diffusion des matchs en direct sur TF1 avec 20 h de retransmissions. À l’international, une vingtaine de pays diffusent les images du tournoi, pour un total de 150 h de retransmission. Après seulement 10 ans de partenariat, l’image de la BNP est étroitement liée à celle de Roland-Garros grâce à l’augmentation significative du volume de retransmissions télévisuelles. En effet, seul le tournoi de Wimbledon bénéficie d’une couverture médiatique supérieure d’environ 20% en France et de 50% en Asie (essentiellement grâce à la popularité du tournoi au Japon).
Une stratégie de sponsoring tous azimuts qui se révèle payante
La BNP prend conscience de l’impact grandissant du phénomène et de la nécessité de profiter de ces atouts. Elle décide d’accroître son action de sponsoring et est propulsée banque du tournoi et de la FFT. Elle va ainsi permettre à la FFT d’accompagner la dotation globale des prix aux joueurs et de se maintenir dans le peloton des trois autres tournois du Grand Chelem de tennis.
La BNP étend progressivement sa couverture médiatique : à partir de 1983, la présence publicitaire de la banque représente 60% du budget annuel du contrat avec Roland-Garros. Télévision, radio, médias nationaux et internationaux, réseaux aériens… Les aéroports de Roissy et Orly ainsi que le hall du CNIT (parrainage des retransmissions de matchs) sont également concernés.
En 1987, la BNP lance une nouvelle identité visuelle lors du tournoi, en présentant un nouveau logo sur toutes les bâches de fond de courts, et obtient une présence exclusive. Présence exclusive également sur les deux faces du maillot des ramasseurs de balles, dont l’équipement est fourni par Adidas, fournisseur depuis 1974 de la FFT. À la même époque, la Banque complète sa participation par des films publicitaires TV, des annonces presse, le tout sous forme humoristique : « BNP la banque de Roland Garros », « BNP guichets ouverts à Roland Garros ». Dans les agences BNP, des affiches reprennent les thèmes des annonces presse. En effet, une photo sur deux prise à Roland-Garros offre une chance de laisser voir le logo.
Un logotype est créé pour le 20e anniversaire du partenariat, en 1993. Il est décliné sur les tenues des ramasseurs de balles, les cartons d’invitations, des objets publicitaires, l’animation commerciale et dans les agences BNP. Enfin, la BNP bénéficie gracieusement dans le magazine officiel de Roland-Garros édité avant chaque tournoi annuel de la 4e de couverture en quadrichromie.
Le partenariat dans la publicité :
En conséquence, la notoriété du Groupe bancaire passe de 87% en 1987 à 93% en 1990. Ce raz-de-marée publicitaire accentue la « touche » dynamique de l’image de la banque, sur les plans national et international.
Le groupe BNP Paribas, « partenaire de tous les tennis »
Après un ralentissement de sa notoriété spontanée, la BNP subit la concurrence des autres sponsors du tournoi. Elle décide donc, en 1987, de doper sa visibilité en élargissant ses cibles.
Opérations de relations publiques
Dès 1984, la BNP met en place des opérations de relations publiques. 50 à 70 personnes sont invitées chaque jour sous une tente de réception aménagée sur un court annexe. La banque dynamisera par la suite sa stratégie de relations publiques avec une loge de 48 places sur le court central et un espace privé au « hameau » de 75 m2 environ pour les réceptions.
En parallèle, la banque diffuse la culture tennis dans l’ensemble de son réseau, notamment à travers des opérations commerciales auprès du grand public.

Réception dans les loges lors des 25 ans du partenariat
Archives historiques BNP Paribas – 10Fi1026
Soutien aux pratiquants de base
Dans les années 1990, plus de 120 tournois sont parrainés par la Banque à l’échelle du territoire et dans les clubs de tennis locaux. Les plus connus : le Trophée Cadet de La Baule (championnat mondial de cette catégorie) ou le Challenge BNP pro Kennex minimes et benjamins, le tournoi du tennis club des Loges à Saint-Germain, le tournoi du stade toulousain, celui de Boulogne-sur-Mer, ou du Country Club aixois. Le Groupe entend prendre part au tennis français dans son ensemble, en favorisant le sport de masse et surtout celui des jeunes.
La démocratisation passe par le parrainage de nouvelles pédagogies de tennis, afin d’attirer de nouveaux pratiquants. C’est ce qu’on appelle le tennis évolutif, avec le développement du mini tennis, des clubs juniors et de programmes adultes.
Soutien à l’Open de France Handisport
Depuis 1993, le Groupe soutient la compétition handisport avec le tennis en fauteuil et encourage ainsi la promotion de cette discipline afin de développer sa pratique au plus haut niveau.

(Archives historiques de BNP Paribas – 1Fi517)
Vers un tennis plus solidaire
En 1996, Yannick Noah, concerné par les événements des quartiers dits sensibles, se demande comment agir à son échelle. Il décide alors de fonder l’association Fête le Mur.
Le groupe BNP Paribas rejoint l’association en 2001 en tant que partenaire.
Ce programme doit permettre de faciliter l’accès des jeunes des cités difficiles au tennis. Il ambitionne également de déceler de jeunes talents, de les former et de leur donner accès aux clubs. Enfin, il permet d’ouvrir des postes d’encadrement des plus jeunes aux « grands frères » de ces quartiers prioritaires.


Pour le Groupe, l’implication dans ce programme est un prolongement naturel de son action dans le tennis. Il devient ainsi mécène actif du tennis.
Par ailleurs, BNP Paribas n’oublie pas la dimension hospitalière ou environnementale du tennis. L’opération Aces du Cœur soutient depuis 2015 la rénovation et l’achat de matériel dans les hôpitaux.
Via ses agences bancaires, la Banque participe également au montage des dossiers avec les pouvoirs publics, et parraine des programmes à dimension internationale dédiés aux jeunes générations et à l’inclusion, comme Team Jeunes Talents en France (avec Yannick Noah et Jo-Wilfried Tsonga), USA (avec John et Patrick McEnroe), en Belgique (avec Justine Hénin), ou programme de tennis fauteuil au Japon.
Plus récemment, un programme sur-mesure a été monté avec Félix Auger-Aliassime. L’objectif : soutenir l’éducation des enfants au Togo. Pour chaque point marqué, Félix donne 5$ et BNP Paribas donne 15$ au projet opéré par l’ONG Care au Togo.





