Comment les banques ont accompagné le passage à l’euro

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Comment les banques ont accompagné le passage à l’euro - Histoire BNP Paribas

Paribas célèbre l'euro à Paris en 1999 - Archives historiques BNP Paribas

Le tournant du XXe au XXIe siècle a été marqué par l’entrée en vigueur de l’euro, le 4 janvier 1999. Le 1er janvier 2002, il remplace les devises nationales des pays de la zone Euro. Pour préparer cette évolution économique, informatique et commerciale, la BNP et Paribas ont déployé d’importants moyens pendant plusieurs années.

Préparer hommes et systèmes à l’arrivée de l’euro

Dans les onze pays membres de la zone euro, au sein de l’Union Européenne, le 4 janvier 1999 marque l’entrée en vigueur de l’euro. La nouvelle devise peut être utilisée sous forme scripturale, c’est-à-dire pour les écritures bancaires, mais les pièces et billets seront mis en circulation trois ans plus tard, le 1er janvier 2002. Pour toutes les banques françaises et européennes, cette transformation est un cap majeur qu’il convient d’aborder avec efficacité.

Jeu édité par l’Association française des banques pour préparer les clients à l’euro – Archives historiques BNP Paribas
Jeu édité par l’Association française des banques pour préparer les clients à l’euro – Archives historiques BNP Paribas

A la BNP, la mobilisation démarre dès 1996, avec un budget alloué de 1,7 milliard de francs. A la fin de l’année 1997, 900 collaborateurs et collaboratrices de la banque se consacrent à cette tâche : rendre l’euro accessible à toutes les clientèles en 1999. Des cadres, informaticiens, responsables du marketing et des ressources humaines s’investissent dans le projet. Mais l’enjeu est avant tout informatique, car 60 000 programmes doivent être révisés pour permettre la conversion des comptes en euros. Pour cela, 500 spécialistes sont mobilisés à temps complet.

Accompagner la clientèle bancaire

En 1997, le Trans European Banking Services (TES) est créé : ce partenariat entre la BNP et dix autres établissements bancaires européens a pour but de faciliter les transactions transfrontalières en centralisant les paiements et encaissements sur un seul compte. Il s’agit de se montrer rassurant, aussi bien pour la clientèle d’entreprises que pour les particuliers. Une campagne de communication met donc en avant « l’opération euro » de BNP. Dès le 25 novembre 1997 et jusqu’en 2002, la banque met en place un espace de sensibilisation à l’euro – l’Eurokiosque –  à destination des clients dans ses 2000 agences. De la largeur d’une colonne Morris, ce kiosque est doté d’affiches, d’un convertisseur en euros et de brochures pédagogiques.

Affiche publicitaire dédiée à l’ « Eurokiosque » BNP, 1997 – Archives Historiques BNP Paribas, Euro RSCG
Affiche publicitaire dédiée à l’ « Eurokiosque » BNP, 1997 – Archives Historiques BNP Paribas, Euro RSCG

Puis, à la veille de l’arrivée de l’euro en 2001, la banque fait appel à des étudiants, baptisés « Euro angels », pour faciliter le quotidien de sa clientèle en agence. Prêtant main forte au personnel permanent, les « Euro angels » répondent aux questions des clients autour de l’euro et les accompagnent dans ce changement important.

Rassemblement des 5000 « Euro angels » à Paris le 17 novembre 2001 pour une formation – Archives historiques BNP Paribas
Rassemblement des 5000 « Euro angels » à Paris le 17 novembre 2001 pour une formation – Archives historiques BNP Paribas

De son côté, Paribas célèbre la naissance de l’euro le 4 janvier 1999, avec une publicité parue dans le Financial Times, The Economist, Forbes et The Wall Street Journal : « Get the Euro working for you with Paribas » – ce que l’on peut traduire par « Faites travailler l’Euro à votre place, avec Paribas ».

Paribas célèbre le passage à l’euro dans son immeuble situé 37, place du Marché Saint-Honoré, 1999 – Archives historiques BNP Paribas
Paribas célèbre le passage à l’euro dans son immeuble situé 37, place du Marché Saint-Honoré, 1999 – Archives historiques BNP Paribas

Quand les défis se multiplient

En même temps qu’elle prépare l’euro, la banque va devoir mener concomitamment deux chantiers majeurs : faire face à la menace du « bug de l’an 2000 » et assurer la fusion des systèmes informatiques de la BNP et de Paribas à la suite de leur rapprochement.

Dès 1996, les informaticiens et informaticiennes de la banque se mobilisent pour anticiper le « bug de l’an 2000 », dysfonctionnement menaçant les ordinateurs en réseau et les milliers de distributeurs automatiques. En somme, tous les appareils comportant un processeur et une horloge électronique sont concernés. Durant le second semestre 1999, des dispositifs d’intervention d’urgence sont mis en place et des contrôles de compatibilité « an 2000 » sont effectués auprès des clients et fournisseurs de la BNP.

Le 31 décembre, veille du grand saut dans le XXIe siècle, les banques ferment et se consacrent à de massives sauvegardes de données. Les informaticiens réveillonnent devant leurs écrans. Finalement, l’arrivée de l’euro dans la vie des Français se passe sans encombre ni bug.

2000 sera l’année d’un autre défi pour la banque : la fusion des données informatiques de la BNP et de Paribas, suite à leur rapprochement. Une opération menée à bien dans la dynamique du changement.

Archives historiques BNP Paribas
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