La Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas) au carrefour de l’Europe et du monde

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Blason de la Banque de Paris et des Pays-Bas

Blason de la Banque de Paris et des Pays-Bas

Banque d’affaires aux racines européennes, la Banque de Paris et des Pays-Bas a tissé très tôt un réseau international au service des entreprises.

Une banque d’affaires aux racines européennes

Fondée en 1872 par des banquiers français et allemands, la Banque de Paris et des Pays-Bas s’inscrit dans la tradition de la haute banque européenne, faite d’alliances entre maisons familiales européennes. Dès sa création, elle s’illustre lors du succès du deuxième emprunt de Libération du territoire, en grande partie dû à ce réseau européen exceptionnel.

Ses activités se développent selon deux grands axes : le placement des emprunts internationaux et le financement des entreprises. Elle prend part, par exemple, à la construction du chemin de fer entre Pékin et Hankou (1899-1905). Dans le même temps, elle constitue un important portefeuille-titres, en France et surtout à l’étranger, notamment dans les entreprises industrielles (comme le norvégien Norsk Hydro) ou de services publics, (chemins de fer, tramways, électricité). Elle participe à la création d’établissements de crédit en Europe (Banco Español de Credito, Banca Commerciale Italiana…), et dans le reste du monde (Crédit foncier franco-canadien, Banco Nacional de Mexico, Banque française et italienne pour l’Amérique du Sud-SudamérisBanque ottomane, Banque d’Etat du Maroc…).
Elle établit également des relations étroites de correspondants avec les grands représentants de la finance internationale (Baring, Deutsche Bank…) qui lui permettent d’étendre son influence, sans pour autant disposer d’un réseau bancaire proprement dit.

Construction de la Ligne de chemin de fer chinoise de Pékin à Hankou, 1904
Construction de la Ligne de chemin de fer chinoise de Pékin à Hankou, 1904

Une stratégie prudente

La période d’instabilité politique et financière de l’entre-deux-guerres voit un relatif repli de l’établissement. Horace Finaly, directeur général de 1919 à 1937, oriente avec prudence sa politique sur la voie des prises de participations industrielles (chimie, électricité, pétrole avec la Compagnie française des pétroles, Esso Standard et Steaua Romana ; sidérurgie et communication avec Havas, Hachette et la Compagnie générale de TSF).

Dans le cadre de la loi du 2 décembre 1945 qui refonde le système bancaire français, la Banque de Paris et des Pays-Bas choisit le statut de banque d’affaires, ce qui lui permet d’échapper à la nationalisation et de renouer avec une de ses grandes traditions, l’accompagnement au développement. Il faut reconstruire puis développer l’industrie française, en s’appuyant sur l’émergence d’un espace économique européen.

Une dimension mondiale

Sous l’impulsion de Jean Reyre, directeur général de 1948 à 1966, la banque s’internationalise et développe le financement des exportations de biens d’équipement dans le monde, grâce à des formules nouvelles de crédits à l’exportation à moyen terme : dans la sidérurgie en Amérique latine (par exemple Paz del Rio en Colombie, Cosipa au Brésil), l’électricité (Cabora Bassa au Mozambique) ou la pétrochimie (Scandinavie).

Poursuivie jusque dans les années 1970-1980, cette stratégie permet l’élaboration de projets de grande envergure comme le métro de Caracas au Venezuela ou dans l’aéronautique européenne avec Airbus. Dans le même temps, ce retour de Paribas comme banque internationale s’affirme avec la création de nombreuses implantations, filiales et succursales (New York en 1960 et Londres en 1964).

C’est au moment de la nationalisation en 1982 qu’apparaît officiellement le nom de Paribas (adresse télégraphique de la banque depuis le début du siècle). Privatisée à nouveau dès 1987, la Compagnie financière de Paribas compte alors 3,8 millions d’actionnaires individuels.

Publicité autour de la privatisation du Groupe Paribas en 1982
Publicité autour de la privatisation du Groupe Paribas en 1982

Grâce à Jacques de Fouchier, Paribas noue des liens de plus en plus étroits avec la Compagnie bancaire, et finit par l’absorber en 1998.

En 1999, la Banque nationale de Paris (BNP) lance une OPE sur Paribas, qui conduit à la fusion des deux établissements le 23 mai 2000, pour former le Groupe BNP Paribas.

Pour en savoir plus :
Eric Bussière, Paribas, l’Europe et le monde (1872-1992), Anvers, Fonds Mercator, 1992

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