les trois vies du château de Voisins de BNP Paribas à Louveciennes
À seulement 20 kilomètres de Paris, le château de Voisins à Louveciennes témoigne d’un passé riche et fascinant. Derrière ses grilles discrètes, un vaste parc de 23 hectares, des châteaux, des jardins et des récits qui attendent d’être racontés se dévoilent. Quelle est l’histoire de ce lieu qui a été le théâtre de la vie de aristocrates, d’écrivains, de sportifs et de banquiers, et qui a traversé les siècles et les époques pour devenir aujourd’hui le campus de BNP Paribas ?
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Louveciennes : les trois vies du château de Voisins
Comme DAB, Distributeur d’anecdotes bancaires par BNP Paribas. C’est le podcast qui vous livre les coulisses et les histoires insolites de la banque. Ces moments qui font la singularité et la culture d’un groupe de 2 siècles d’existence à consommer partout et à tout moment !
Derrière les grilles discrètes du château de Voisins, à Louveciennes s’étend un vaste parc un peu hors du temps, à l’abri du tumulte de la capitale. Aujourd’hui, Comme DAB vous propose d’en pousser les portes et de remonter le fil des vies successives de ce domaine au destin singulier.
Commençons par contourner le château de Voisins. On accède alors à une vaste pelouse, derrière laquelle s’étend un parc de 23 hectares. La tranquillité qui règne ici rappelle que l’on est à bonne distance de Paris. Vingt-cinq kilomètres, pour être exact. La ville à la campagne et la campagne à la ville disait-on.
Mais la situation de Louveciennes présente une autre qualité, en tout cas en 1650, lorsque le premier château de Voisins est construit : celui d’être situé dans le périmètre immédiat des châteaux de Versailles et de Marly. Au milieu du XVIIe siècle, Louis XIV fait du premier le centre du pouvoir absolu, et du second, un refuge, lorsqu’il cherche à fuir la pesanteur de la cour. Autant dire que Louveciennes devient un lieu privilégié, à la fois proche de la cour, de la capitale, et dans l’orbite du Roi Soleil.
Mais continuons la promenade. A l’extrémité du parc, près du petit château de Bellevue, s’ouvre une terrasse offrant un large point de vue sur la vallée de la Seine. Si l’on pouvait remonter le temps d’un regard, on apercevrait, du côté de Bougival, une construction spectaculaire s’avancer sur le fleuve : la Machine de Marly. Commandée par Louis XIV en 1680, elle a permis pendant plus de cent ans de pomper l’eau de la Seine, et d’alimenter les bassins, les cascades, les jets d’eau et autres fantaisies aquatiques des parcs de Versailles et de Marly. Cette prouesse technique va profondément marquer le paysage et donner un nouvel essor à toute la région.
En 1696, environ trente ans après sa construction, le château de Voisins acquiert une vraie notoriété en devenant la propriété du marquis de Cavoye, un compagnon de jeunesse de Louis XIV. Il va ensuite passer de mains en mains au fil des alliances aristocratiques jusqu’à la révolution française, glissant progressivement de la noblesse vers la bourgeoisie. Le domaine s’agrandit, se transforme. A la fin du XIXe siècle, le château de Voisins est reconstruit, plus vaste, plus moderne. Sa situation privilégiée attire écrivains et poètes, on y tient salon. Le domaine devient alors à la fois un lieu de détente et de culture.
Bien, nous avons planté le contexte historique qui explique le vaste parc, les somptueuses bâtisses, les dépendances et tous les agréments de ce qu’on pourrait appeler la vie de château. Intéressons-nous maintenant aux équipements sportifs qui parsèment le parc.
À partir du XXe siècle, le domaine va abandonner sa fonction de résidence particulière pour commencer une deuxième vie. Nous sommes en 1946. Après son occupation par les Allemands durant la seconde guerre mondiale, le château de Voisins est racheté par la Compagnie Immobilière Française. Une filiale de la Banque Nationale pour le Commerce et l’Industrie, la BNCI, qui deviendra plus tard la BNP.
Le monde résonne encore du choc de la guerre et la France emprunte avec soulagement le chemin de ce que l’on baptisera plus tard, les trente glorieuses. Ce développement spectaculaire du pays s’accompagne d’une profonde transformation sociale, en particulier dans le monde du travail. L’ordonnance du 22 février 1945, en imposant la création de comités d’entreprise dans les sociétés de plus de 50 salariés, marque un tournant majeur. Ce sont eux, désormais, qui sont chargés de gérer les œuvres sociales et culturelles.
À la BNCI, cette nouvelle politique sociale va notamment s’articuler autour du sport, envisagé comme un vecteur de bien-être individuel et collectif. Louveciennes, avec son vaste parc et sa situation privilégiée est choisie pour constituer l’épicentre de cette politique : “un lieu de détente, mais aussi refuge de travail et de réflexion” comme on peut le lire dans le numéro de Dialogue du 31 octobre 1974 conservé aux archives de BNP Paribas.
En quelques années, le parc est métamorphosé. Les courts de tennis poussent comme des champignons. Un terrain de football apparaît. Et bientôt des tribunes, des vestiaires et des douches pour les athlètes viennent compléter ces équipements. On joue au football bien sûr, mais on pratique aussi l’athlétisme grâce aux pistes qui entourent le terrain, aux sautoirs, aux aires de lancers. Sans oublier le volley-ball, le basket-ball, le ping-pong et même la pétanque… Que l’on pratique sur un autre terrain, à l’écart de l’agitation des sportifs exaltés. Car en effet, les loisirs et la culture sont le deuxième pilier des œuvres sociales mises en place par la BNCI.
On s’adonne donc aussi au mini-golf, avec un amateurisme de rigueur. On assiste à des projections de films, des soirées dansantes et même à des démonstrations de vol circulaire, avec la section aviation. Les activités se multiplient, le parc s’anime et Louveciennes devient un véritable lieu de vie pour les employés de la banque. En 1962, la BNCI est désignée comme l’entreprise la plus sportive de France et reçoit la Coupe Jean Potin dans les locaux du journal L’Equipe. Elle organise régulièrement des Challenges Inter-régions afin de mettre en concurrence les différentes sections des clubs sportifs de la banque à travers le pays.
Un numéro de “Dialogue” daté de 1974 égrène la liste impressionnante des compétitions de football qui se sont déroulées pendant l’année « En une saison, d’octobre à juin, ce sont plus de 80 matches qui se jouent sur notre terrain ». Mais n’en déplaise aux amoureux du ballon rond, c’est le tennis qui tient le haut du pavé à
Louveciennes. En cherchant un peu, on arrive à trouver aujourd’hui pas moins de 13 terrains de tennis répartis sur le domaine ! En 1973, plus de 100 matchs de tournois ou de championnat se déroulent. Henri Cochet, l’un des quatre mousquetaires du tennis Français vient même entraîner les futurs compétiteurs ! Et les samedis après-midi, c’est au tour des enfants de prendre gratuitement des cours collectifs.
C’est que pour la direction de la BNCI, il aurait été dommage que le domaine de Louveciennes soit limité aux seuls employés de la banque. Voilà pourquoi dès le début, le parc accueille les familles durant les week-ends et les vacances d’été.
« Si vous venez pendant un week-end ensoleillé, vous serez brusquement plongé dans le coin des enfants. Il vous faudra alors prendre garde aux jeunes cyclistes, aux spécialistes du patin à roulettes et, si vous approchez de la « pataugeoire », aux éclaboussures provoquées par les ébats des jeunes baigneurs. » peut-on lire dans le magazine de la BNP “Dialogue”, d’octobre 1974.
Et n’oublions pas les jeudis, car dans la France des années 1950, les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler et la garde des enfants est parfois problématique. Afin de décharger les parents, la BNCI met en place un centre aéré ouvert tous les jeudis, avant que les jeudis ne deviennent des mercredis… Parallèlement, le domaine de Louveciennes s’ouvre à une autre activité essentielle à l’équilibre d’une entreprise telle que la BNCI, la formation. Les châteaux de Bellevue et Voisins sont aménagés pour héberger les séminaires et les réunions. Quarante chambres complètent l’installation afin de faciliter la venue des collaborateurs non parisiens. Des réunions sont organisées pour répartir les disponibilités entre les différentes directions mais la demande ne cesse de croître.
Dans le magazine de la BNP de septembre 1992, Guy Lapomme, alors secrétaire général de la BNP résume ainsi la situation : « les formations propres à la BNP, c’est-à-dire la formation professionnelle continue, en raison des bouleversements qui ont modifié notre métier et notre organisation du travail, se sont considérablement développées. » Sans parler de l’arrivée massive de l’informatique à la fin des années 80…
Ce qui va naturellement conduire Louveciennes vers sa troisième vie. En 1989, la direction de la BNP décide d’étendre les capacités d’accueil du domaine en y construisant un nouveau centre de formation. Le cabinet d’architecte reçoit une mission : transformer le site tout en modifiant le moins possible le domaine, car le château de Voisins est classé au titre des monuments historiques.
C’est ainsi que va naître toute une infrastructure construite en sous-sol et partiellement cachée par la déclivité du terrain. Un hôtel de 173 chambres, un restaurant de 450 couverts, un équipement pouvant recevoir près de 500 personnes, un parking souterrain de 200 places, prennent place de façon quasi invisible autour du château de Voisins. En 2010, le domaine de Louveciennes est officiellement rebaptisé Campus. Il accueille désormais les employés de la banque mais aussi des partenaires et toute organisation souhaitant profiter de ce cadre singulier pour y proposer un séminaire.
Aujourd’hui, Louveciennes a changé de fonction, mais pas d’esprit : celui d’offrir un lieu propice à la réflexion et à la rêverie, à l’écart du tumulte de la capitale. Et si la formation est devenue son activité privilégiée, les week-ends, les familles continuent d’y venir. Les enfants jouent dans le parc, on profite des infrastructures sportives ou on se promène simplement, pour le plaisir d’être là, dans ce parc de 23 hectares, où les chênes voisinent avec les hêtres, les sapins et les noyers
L’histoire du domaine de Voisins en images
Aujourd’hui, le campus accueille toute l’année des événements, séminaires, journées d’étude, ateliers, formations, team buildings et afterworks.
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