La BNP face à la pandémie de sida

Mise à jour le : 10 Fév 2026
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Le ruban rouge, symbole international de la lutte contre le sida créé en 1991 - ©alexxndr

Dans les années 1980, le monde doit faire face à l’émergence d’une maladie incurable et terrifiante : le sida. Face à la peur, il a fallu comprendre la maladie. Au plus fort de la pandémie, le groupe BNP Paribas est resté pleinement engagé dans la lutte contre le sida.

Les débuts de la pandémie

Fin 1981, une maladie frappe la communauté gay aux États-Unis. Très rapidement, le sida s’étend en Europe puis dans le reste du monde, et touche également les hétérosexuels.

La maladie, encore mal comprise, est souvent associée à de nombreux préjugés et stéréotypes qui pèsent lourdement sur la vie des personnes séropositives. Elle touche toutes les couches de la société, y compris les employés des banques ancêtres du Groupe, dont les archives témoignent de la gestion de cette crise sanitaire.

Le saviez-vous ?

Être séropositif signifie être porteur du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH). Cette phase est asymptomatique. Sans traitement, le virus évolue après plusieurs années en SIDA (Syndrome de l’ImmunoDéficience Acquise) : le corps perd alors ses défenses naturelles, et le malade finit par succomber à la maladie.

Être séropositif à la BNP dans les années 1980

 
Dans son carnet, Colette évoque le décès d’un employé malade, considéré alors comme un cas isolé. Pourtant, d’autres collaborateurs vivent le même drame au sein de l’entreprise, ce qui pousse la Direction à réagir. Il faut informer et sensibiliser, car une grande partie de la violence à l’encontre des personnes séropositives vient de la méconnaissance de la maladie.

La BNP pionnière dans la sensibilisation en entreprise

Dès 1985, la médecine du travail de la BNP lance une campagne de sensibilisation du personnel. Et en 1992, sur l’initiative de deux employés sidéens, elle lance une action de plus grande ampleur baptisée « Le sida en face ».

Des conférences-débats sont organisés au cours desquels les deux collaborateurs apportent leur témoignage personnel. Avec à leurs côtés médecins et assistantes sociales, et avec l’appui logistique des équipes médicales et des comités d’établissement, Alain Prod’homme et Michel Deniset consacrent ainsi leurs dernières années à briser les tabous en délivrant un message humain et personnalisé qui permet de démystifier la maladie.

En un an, ils quadrillent la France pour rencontrer leurs collègues de Paris à Marseille et de Dunkerque à Lyon. Près de 10% du personnel assiste à ces événements, et l’ambiance y est décrite comme respectueuse et enrichissante. C’est donc un vrai succès ! Cette action inédite, encouragée par l’Association française de lutte contre le sida (AFLS), vaut ainsi à la BNP le prix du Club européen de la Santé 1992.

Le témoignage d’Alain Prod’homme :

« Je témoigne pour ceux qui sont partis, et pour ceux qui vont partir. Il y a des centaines de personnes qui sont mortes du sida, sans être entourées, ni comprises. C’est ce contre quoi je lutte. Dédramatiser, expliquer que nous ne sommes pas des pestiférés, casser la suspicion des collaborateurs de la BNP à l’égard des malades de l’entreprise. Il est important que l’on sache que ce n’est pas en partageant les repas de Sidéens ou en fréquentant les mêmes toilettes qu’eux que l’on est contaminé. […] La maladie est aujourd’hui à la porte de chacun, employés ou directeurs. Il faut la regarder en face, et apprendre à maîtriser sa peur. »

Alain Prod’homme (Dialogue, n°90, 1992 – Archives historiques BNP Paribas – PER2199206EL)

Michel Deniset décède en 1993. Son ami Alain Prod’homme continue leur combat au sein de l’entreprise jusqu’à sa disparition, en 1996.

BNP Paribas mécène de la recherche pour la lutte contre le sida

Pour lutter contre la maladie, la BNP a créé, en 1989, un fonds spécial au sein de la Fondation pour la recherche médicale. Doté de 1,2 million de francs en 1991, ce fonds a permis de soutenir plusieurs organismes, notamment l’Institut Pasteur et la Fondation Garches pour les handicapés. Cependant, l’essentiel des sommes allouées a été destiné à encourager la recherche dans sa lutte contre le sida, le cancer et les handicaps mentaux, grâce à des bourses spécifiques. En 10 ans, la BNP a ainsi financé 70 programmes de recherche pour un total de 7 millions de francs.

De son côté, Paribas s’activait également pour lutter contre le sida, notamment au travers de son soutien à la société Transgène. En juin 1985, quelques mois seulement après la découverte du génome du VIH par l’Institut Pasteur, Transgène signait un contrat de recherche avec la société Pasteur Vaccin. Transgène portait alors les espoirs de la recherche française contre le sida.  

L’engagement du groupe BNP Paribas dans la lutte contre le sida s’est notamment poursuivi en Afrique en 2004 au sein de l’association Sida-Entreprises, avec comme objectif l’amélioration de l’accès aux soins.

Enfin, en 2024, BNP Paribas Cardif renforçait l’accès à l’assurance emprunteur aux personnes traitées pour le VIH.


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