Quand trois générations d’une famille se succèdent chez Paribas
Une banque est un espace dédié à l’argent. C’est aussi un lieu incarné par les hommes et femmes qui y travaillent. Parfois, des générations se succèdent dans un même établissement. C’est le cas de la famille Restouble, qui a vu trois générations travailler chez Paribas. En effet, Martine Restouble y entre en 1964, prenant ainsi la relève de son père et de son grand-père. Elle s’est remémorée pour nous les moments marquants de l’histoire familiale inscrite au cœur de la banque.
Lieu de travail, la banque est aussi un lieu de vie où des couples se forment et où naissent des familles. Martine Chabrol née Restouble, retraitée en 1999 du Groupe, nous a livré son témoignage sur son grand-père, hallebardier puis employé au service des titres de Paribas au début du XXe siècle et sur son père, employé de bureau au marché de l’or puis garçon et brigadier de recettes de 1922 à 1964.
Emile Restouble : du Crillon à la banque
Né en 1871, un an avant la création de Paribas, Emile Restouble officie dans un premier temps à l’accueil de l’Hôtel Crillon, le célèbre palace parisien de la Place de la Concorde à Paris.
Dans les années 1900, à la faveur d’une recommandation émise par l’un de ses collègues du Crillon, il entre chez Paribas comme hallebardier. Il s’agit avant tout d’un poste de représentation et d’accueil en grande tenue, avec barbe et Hallebarde. Le hallebardier reçoit les visiteurs à l’entrée de la banque, à la manière d’un huissier.
Au Crillon comme au 3 rue d’Antin, siège de Paribas, il est nécessaire de donner une bonne image de l’établissement que l’on représente. C’est pourquoi les recommandations sont bien souvent assorties d’une enquête de moralité.

Une seconde carrière à la banque
Après plusieurs années comme hallebardier, Emile Restouble progresse et devient employé au service des titres. Un second métier, bien différent, qui lui fait connaître la vie de bureau à la banque.
En 1940, plusieurs services de Paribas quittent Paris lors de l’exode. Avec ses collègues des titres, Emile Restouble travaille au château de Landifer, à Baugé-en-Anjou, propriété acquise par la banque en 1938. Il y reste jusqu’à la fin de la guerre avant de retrouver Paris.


Son fils, Emile Auguste, a lui aussi rejoint la Banque de Paris et des Pays-Bas. L’histoire familiale se mêle à celle de la banque…

Emile Auguste Restouble au marché de l’or
En 1922, Emile Auguste Restouble a vingt ans. Il entre alors chez Paribas comme employé au bureau de marché de l’or et y retrouve son père, Emile Restouble, officiant à la banque en tant qu’hallebardier depuis les années 1900. Les deux hommes ont tous deux travaillé auparavant à l’Hôtel Crillon, le palace parisien, avant de rejoindre Paribas à la faveur d’une recommandation. C’est grâce à l’intervention d’une connaissance au Crillon que père et fils ont tour à tour été embauchés par la banque de la rue d’Antin. Diplômé du certificat d’étude, Emile Auguste Restouble travaille au marché de l’or jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, où il est fait prisonnier.


Garçon de recettes
Les années de guerre sont évidemment éprouvantes. A son retour en 1945, Emile obtient un poste de garçon de recettes au bureau des compensations. Il porte l’uniforme propre à sa fonction : jaquettes noires à petits boutons, bicorne et mallette à chaîne.
Ce métier, aujourd’hui disparu, réclamait une honnêteté sans faille puisqu’il s’agissait de récupérer les traites des emprunteurs, le jour d’échéance du crédit. Signe de son efficacité, Emile Restouble achève sa carrière en tant que brigadier de recettes. Nommé en 1963 à ce poste, il quitte Paribas pour prendre sa retraite, en 1964.

Un métier… et une famille !
Emile Restouble a mené une digne carrière à Paribas, durant laquelle il a aussi rencontré celle qui allait devenir sa femme : Olga. Diplômée du certificat d’étude, elle est entrée à la banque en 1927 au service de la correspondance caisse. Elle quitte son emploi en 1947, à la naissance de sa fille Martine.


1964 : entrée de Martine Chabrol chez Paribas
C’est sur la recommandation de son père Emile Restouble, que Martine Chabrol (née Restouble) intègre Paribas en août 1964. A 18 ans, diplômée d’un brevet commercial, elle rejoint le pool dactylographique. Une trentaine de femmes, vêtues de la blouse bleue réglementaire, travaillent dans ce service les unes derrière les autres, sous l’autorité d’une cadre féminine. On leur confie différents travaux de secrétariat, dans une ambiance des plus rigoureuses. Interdiction de parler !
Les débuts au pool dactylographique de la banque

La gestion privée
Certaines secrétaires du pool dactylographique accèdent à d’autres services, à l’occasion de remplacements.
Martine Restouble découvre ainsi la direction financière puis le service de comptes spéciaux, ensuite nommée à la direction de la gestion privée, un des services prestigieux de Paribas. La cheffe de ce service apprécie le sérieux de la remplaçante et lui propose de rentrer dans son équipe. Le changement de poste a lieu en 1965.
Commencent alors des années studieuses mais passionnantes. En plus de son travail, Martine Restouble devient secrétaire de Monsieur Léonce Boissonnat, directeur de la Gestion Privée, jusqu’à son congé maternité en 1976.

Vie de famille et vie à la banque
Martine Restouble s’appelle désormais Chabrol, à la suite de son mariage avec Bernard, rencontré à la banque. Après trois années consacrées à élever leur fils, Martine Chabrol reprend son travail à Paribas à temps partiel, en 1979. Elle y passe vingt années jusqu’à son départ en retraite, en 1999. La tradition familiale s’interrompt au sein de Paribas, qui rejoint le groupe BNP en 2000. Le fils de Martine et Bernard Chabrol a néanmoins effectué un stage d’un mois au service du courrier. Une manière de lui faire découvrir la banque où s’est formée une partie de sa famille.
