Les ancêtres de BNP Paribas face au krach boursier de 1929

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Vue du Boulevard des Italiens à Paris - Archives historiques BNP Paribas

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En 1930, en  France, toutes les banques ne sont pas égales face aux conséquences du krach boursier de Wall Street. Quand certaines font faillites, d’autres savent anticiper et analyser les risques, limitant ainsi les dégâts.

Les effets du krach boursier de Wall Street d’octobre 1929 ne se font sentir en France qu’en juillet 1930 et perturbent sévèrement l’univers banquier entre 1931 et 1935.

Faillite et rebond de la Banque nationale de crédit

Cette période voit la consommation des ménages chuter et les vannes du crédit être verrouillées par les banques. Conséquence : les entreprises sont encore plus fragiles et beaucoup font faillite. Et c’est un cercle vicieux, les banques peinent à se faire rembourser si bien que les plus faibles d’entre elles sont à leur tour contraintes d’arrêter leur activité. Les épargnants tentent alors de sauver leurs économies en retirant leur argent. Ainsi, 400 établissements de crédit ferment pendant ces années noires. Parmi elles, une des banques ancêtres de BNP Paribas, la Banque nationale de crédit, quatrième banque de dépôt française, s’effondre en 1931, engagée avec de trop nombreuses entreprises. Liquidée en 1932, elle renaît sous le nom de Banque nationale pour le commerce et l’industrie et parvient, en pleine crise, à se développer en récupérant les actifs de nombreuses banques régionales en difficultés.

Une politique de prudence

Dans ce contexte défavorable aux affaires, d’autres banques ancêtres de BNP Paribas parviennent à sauver l’essentiel. Le Comptoir national d’escompte de Paris (CNEP), échaudé par sa crise interne de 1889 – des spéculations hasardeuses l’ont alors durement ébranlé – pratique une politique moins risquée. Il sait anticiper en comprenant à temps que la baisse des cours des denrées indique un ralentissement mondial et réduit sa voilure. En ne finançant plus les entreprises qui font des stocks en attendant une hypothétique reprise des cours, le Comptoir se met à l’abri des mauvaises affaires. Ainsi, même si les résultats et les dividendes des actionnaires baissent, la crise n’a raison ni du siège ni des implantations françaises et internationales du CNEP.

Prudence est aussi le maître mot de Paribas qui, face à la montée du Parti nazi au Reichstag, limite ses engagements avec les banques allemandes et réduit considérablement les placements à court terme à l’étranger ce qui lui permet de préserver à l’issue de la crise, l’essentiel de ses moyens d’action.

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