Le Comptoir national d’escompte de Paris, pionnier au service du négoce international

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Le siège du CNEP, rue Bergère à Paris - Archives historiques BNP Paribas

Le siège du CNEP, rue Bergère à Paris - Archives historiques BNP Paribas

Le Comptoir national d’escompte de Paris (CNEP) adopte très tôt une stratégie d’ouverture internationale et anime un réseau mondial pour favoriser le commerce français.

Relancer l’économie

Dans un contexte de crise économique et financière aggravée par les événements politiques et la Révolution de 1848, le gouvernement provisoire de la IIe République cherche à relancer l’économie : il crée donc des établissements de crédit dans les principales villes industrielles et commerciales. Le monde de la librairie et de l’édition parisienne (Laurent-Antoine Pagnerre, Hippolyte Biesta, Louis Hachette et les frères Firmin-Didot…) se mobilise pour mettre en place le Comptoir national d’escompte de la Ville de Paris (CNEP). Devenu Comptoir d’escompte de Paris (CEP) en 1853 et libéré de la tutelle de l’État, il diversifie ses activités et devient rapidement un des premiers établissements français.

Pavillon principal du siège du CNEP au 14 rue Bergère à Paris, vers 1882 – Archives historiques BNP Paribas – cliché du Studio Chevojon
Pavillon principal du siège du CNEP au 14 rue Bergère à Paris, vers 1882 – Archives historiques BNP Paribas – cliché du Studio Chevojon

Une expansion précoce et ambitieuse au service du commerce français

La signature du traité franco-anglais de libre-échange en 1860 oriente les activités du Comptoir vers les marchés mondiaux. Dès la fin de 1860, sous l’impulsion d’Alphonse Pinard, le Comptoir ouvre en pionnier des agences à Shanghai et à Calcutta, avant même d’ouvrir des agences en province. C’est la première fois qu’une banque française crée ex nihilo un réseau d’agences à l’étranger. Dans les années suivantes, de nouveaux bureaux s’installent à La Réunion, Bombay, Hong-Kong et Saigon puis Londres, Yokohama et Alexandrie. En 1881, le Comptoir est à Melbourne et à Sydney. Symbole de cette expansion, le siège de la banque, situé au 14 rue Bergère à Paris, est entièrement reconstruit selon des techniques à la pointe du progrès, et sa façade ornée de médaillons représentant les cinq continents.

Édouard Hentsch, président de 1874 à 1889, oriente l’établissement vers la banque d’affaires, multipliant les émissions de titres et prenant des participations audacieuses, comme dans les chemins de fer suisses. Mais entraîné dans des opérations hasardeuses sur les cours mondiaux du cuivre, le Comptoir doit être liquidé en 1889.

Reconstitué sous son nom originel de Comptoir national d’escompte de Paris (CNEP), il retrouve son dynamisme et sa stabilité sous la direction d’Alexis Rostand, et s’installe systématiquement dans les pays contribuant au commerce français (Égypte, Madagascar, Tunisie, Maroc…). Le Comptoir devient la banque française la mieux implantée aux États-Unis, par l’intermédiaire de la French American Banking Corporation (FABC) qu’il crée en 1919.

Publicité du CNEP, 1960,Copyright : Havas
Publicité du CNEP, 1960,Copyright : Havas

Une stratégie prudente après les guerres

Grâce à sa politique de diversification des risques, le Comptoir résiste aux crises et se hisse au rang de troisième banque de dépôts française. En 1945, il est nationalisé. Il est le premier établissement bancaire à proposer le crédit d’exportation à moyen terme, formule originale de financement des importations de matières premières essentielles, qui connaît un grand succès. Mais à partir des années 1950, le Comptoir subit le contrecoup de la décolonisation et préfère assurer prudemment ses acquis aux États-Unis, en Europe, en Inde et en Australie.

Le 4 mai 1966, dans un contexte de réformes et de concentration bancaires, le ministère des Finances annonce la fusion de la Banque nationale pour le commerce et l’industrie (BNCI) et du Comptoir pour former la Banque nationale de Paris (BNP), dont Henry Bizot, à la tête du Comptoir depuis 1958, reçoit la présidence.

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