L’exposition Barnes : un mécénat d’exception pour la BNP (1993-1994)

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Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire 1892-1895 - Publication magazine interne Archives historiques BNP Paribas

Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire 1892-1895 - Publication magazine interne Archives historiques BNP Paribas

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Le Bonheur de vivre de Matisse, les Poseuses de Seurat et environ soixante-douze autres chefs-d’œuvre de la Fondation Barnes furent présentés pour la première fois en France, de septembre 1993 à janvier 1994, dans le cadre d’une exposition intitulée : « De Cézanne à Matisse. Les chefs-d’œuvre de la Fondation Barnes ». Retour sur cet événement et le mécénat d’exception qui l’a accompagné.

Le voyage inespéré des trésors de la Fondation Barnes

En 1925, Albert C. Barnes, physicien et amateur d’art américain, inaugure une fondation située à Mérion en Pennsylvanie, où il expose sa collection privée constituée d’œuvres d’impressionnistes, postimpressionnistes et modernistes. Il meurt en 1951 en ayant stipulé dans son testament que les œuvres ne devaient jamais quitter le site de la Fondation. Seuls 200 étudiants étaient autorisés à accéder chaque année à ce trésor.
Mais, le bâtiment de la Fondation doit être entretenu et les œuvres restaurées. À partir de 1961, le musée est ouvert deux fois par semaine à un public plus étendu. Une décision de justice de 1992 va encore changer le cours des choses.
Devant l’importance des coûts d’entretien et de restauration, le président de la Fondation saisit la justice américaine en 1989 afin de casser les clauses du testament de Barnes empêchant la mobilité des œuvres ; il obtient gain de cause. Il choisit alors de produire des expositions dans de grandes métropoles comme Washington, Paris, Tokyo et Toronto.
Pourquoi la France a-t-elle été sélectionnée ? C’est une façon de rendre hommage aux peintres français dont les œuvres composent la majorité de la collection Barnes. Et ce clin d’œil est très important car le docteur organisa une exposition en 1923 pour faire découvrir ses acquisitions. Mais ce fut un échec. La presse qualifia les chefs-d’œuvre « d’art malsain ». Le style de ces tableaux, pour l’essentiel impressionniste, n’est pas encore unanimement reconnu à l’époque.

Publicité créée par la BNP en 1993-1994 pour faire connaître l’exposition Barnes

La BNP, un mécène de référence pour l’exposition

Cette exposition a d’emblée un caractère exceptionnel car les tableaux sortent du musée pour la première fois.
Les pouvoirs publics français se regroupent pour accueillir l’événement à Paris au musée d’Orsay, mais le soutien financier d’un mécène est nécessaire. En effet, la Fondation Barnes accepte de prêter une sélection d’œuvres au musée d’Orsay, en contrepartie du financement partiel de sa restauration.
Et c’est à la BNP à laquelle se joindra HAVAS, que la Réunion des musées nationaux (RMN) fait appel pour prendre en charge les frais. En effet, depuis 1984, la banque était associée à cette institution dans le cadre de projets culturels (expositions, restaurations d’œuvres). Quant à la RMN et au musée d’Orsay, ils financent la mise en place de l’exposition.

Cet événement connut un immense succès car il a permis de partager des pièces rares et inédites avec le public. Et en s’associant à ce projet audacieux, la BNP s’est affirmée en tant que mécène de confiance. Cela a aussi impliqué la mise en place d’un dispositif de communication à forte visibilité, afin de toucher le plus grand nombre.



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