Le Royal Roosevelt House : une rénovation en harmonie avec les siècles
BGL BNP Paribas vient de terminer la réhabilitation, pour sa Banque Privée, de trois villas historiques du XIXe siècle. Situées au cœur de la Ville Haute de Luxembourg, la maison Servais et ses deux maisons adjacentes forment désormais un ensemble architectural rebaptisé Royal Roosevelt House. Au-delà d’un projet architectural, c’est avant tout une belle histoire de transmission, qui témoigne de l’engagement durable du Groupe en faveur de la préservation du patrimoine, et de son ancrage de plus d’un siècle au Luxembourg.
Restaurer la mémoire des lieux
Les origines de BGL BNP Paribas remontent au 29 septembre 1919, avec la création de la Banque Générale du Luxembourg par la Société Générale de Belgique. Cette naissance s’inscrit dans un contexte post-Première Guerre mondiale propice à l’essor bancaire.

À l’image de BGL BNP Paribas, les trois maisons du Royal Roosevelt House, construites à partir de 1891, sont les témoins d’une époque où le Luxembourg se transformait.
Stratégiquement situé entre les boulevards Royal et Roosevelt et la rue Notre Dame, cet ensemble s’ancre dans un quartier phare de la Ville Haute, façonné par la disparition des anciennes fortifications.
Parmi ces bâtiments, la Maison Servais avait été dessinée en 1893 par l’architecte Pierre Funck pour l’ingénieur, industriel et homme politique, Emile Servais-Majerus. Cette maison, dont l’élégante façade a traversé les décennies, nécessitait de gros travaux de rénovation.
Propriétaire depuis les années 1960 des trois maisons historiques, la Banque Générale du Luxembourg, devenue BGL BNP Paribas, les a affectées à différentes activités.
Cet ensemble a longtemps hébergé des équipes opérationnelles de la banque, puis par le Lux Future Lab, un incubateur de start-ups dont l’activité a été arrêtée en début 2021.
Consciente de leur valeur patrimoniale, la Banque a entamé en 2022 une réflexion sur leur avenir qui l’a amenée à travailler avec une équipe de maîtrise d’œuvre afin de restaurer ces bâtiments et de leur donner une nouvelle vie.
Les travaux ont permis de conserver et restaurer des éléments d’époque, notamment :
- Les vitraux, escaliers et ferronneries d’origine ;
- Les parquets, plafonds et soubassements décorés.




Ces maisons sont classées au niveau national : elles ne peuvent pas être démolies et toutes interventions sur les éléments historiques extérieurs et intérieurs sont entrepris avec l’accord du ministère de la culture. Les recherches sur place, avec le curage, ont dévoilé les traces conservées dans le bâti. L’étude d’anciennes photos et les dessins d’archives, ont permis de découvrir les éléments disparus ou très altérés.
Tous les éléments historiques existants tels que les portes, les moulures, les lucarnes et les ferronneries, ont été conservés puis rénovés ou restaurés.
Recréer un ancien escalier en bois disparu, ôter le plâtre cachant une ancienne peinture murale et mettre en lumière ces beaux plafonds moulurés : telles ont été les solutions proposées pour relever ce défi.



En remplaçant un ancien parvis minéral par des jardins s’inspirant des villas historiques du Boulevard Royal, le projet offre une respiration végétale dans un environnement urbain très minéralisé.
De plus, les sculptures restaurées de Philippe Hiquily (1925-2013) ont rejoint ce nouveau jardin à la végétation entièrement repensée.
Les jardins apportent aujourd’hui une respiration, une douceur, une élégance retrouvée entre l’espace public et les bâtiments.
L’élégance bourgeoise adaptée aux exigences d’aujourd’hui
Réhabiliter ces demeures bourgeoises impliquait un équilibre subtil : restituer leur âme d’origine tout en y intégrant, avec discrétion, les exigences techniques contemporaines. De la sécurité à la performance énergétique, en passant par l’accessibilité ou l’isolation acoustique, chaque détail a été pensé pour allier héritage et modernité, et permettre de répondre aux critères BREEAM en vue d’une future certification « Refurbishment and Fit Out ».
L’un des principaux défis consistait à intégrer les exigences propres à un établissement bancaire ainsi que les normes actuelles de sécurité, d’accessibilité et de confort, sans altérer la lecture patrimoniale des lieux.
Chaque intervention a été guidée par une idée simple : adapter sans dénaturer.
Pour relever ce défi, la banque a travaillé en étroite collaboration avec le bureau Fabeck Architectes, la Ville de Luxembourg et l’Institut National pour le Patrimoine Architectural.
L’intégration des équipements contemporains dans des volumes historiques contraints a représenté un défi majeur, notamment pour les faux plafonds, les gaines techniques, la ventilation, le refroidissement et le sprinklage.
Chaque dispositif a été installé avec la plus grande discrétion afin de limiter son impact sur les éléments anciens et de préserver la lecture architecturale des espaces.
C’est un travail de dentelle.
Le choix de réutiliser une partie du mobilier, de restaurer plutôt que remplacer dès que cela était possible, et d’intégrer des solutions techniques performantes montre une volonté concrète de construire dans le respect du développement durable.
Par ailleurs, et toujours dans ce même esprit, la présence d’œuvres issues de la collection de la banque donne à ces espaces une profondeur supplémentaire : elle rappelle que ces lieux ne sont pas seulement fonctionnels, mais aussi porteurs de culture, de mémoire et de sens.
L’histoire du verre de Murano
La réputation de Murano comme centre mondial de la verrerie remonte à 1291, lorsque la République de Venise, craignant les incendies, ordonna le transfert des fonderies sur cette île.
Pendant des siècles, les verriers de Murano conservèrent un monopole sur les techniques innovantes (cristal, émail, millefiori, lattimo), encore utilisées aujourd’hui.

Un patrimoine en mouvement


Le Royal Roosevelt House n’est pas seulement un siège bancaire : c’est un projet pensé pour les générations futures.
Il était en effet important que les trois maisons puissent redevenir autonomes un jour si nécessaire, afin d’imaginer d’autres usages dans le futur.
C’est notamment dans cet esprit qu’un nouvel escalier a été créé dans la Maison Servais, à l’emplacement de l’escalier historique disparu.
Au-delà de sa fonction bancaire, le Royal Roosevelt House est appelé à devenir un lieu de valorisation du patrimoine artistique de BGL BNP Paribas.

« Ce ne sont pas seulement de nouveaux bureaux qui ouvrent, mais aussi de nouvelles opportunités, tant pour nos collaborateurs que pour les clients qui nous accordent leur confiance. Le déménagement de nos équipes vers Sekoia, le nouveau siège de BGL BNP Paribas à Kirchberg, ainsi que l’installation de BNP Paribas Private Banking Luxembourg dans un lieu chargé d’histoire, réaffirment notre conviction : la banque de demain se construit avec celles et ceux qui y travaillent au quotidien. Au Royal Roosevelt House – comme dans l’ensemble de la banque et du Groupe – nous continuerons d’allier l’expertise locale à une vision internationale, au service de chaque projet. »
— Nicolas Otton, Responsable territoire au Luxembourg et président du comité exécutif de BGL BNP Paribas
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Photographies: ©Aude de Maynard-Sauvion