Édouard Hentsch ou les risques de la haute finance

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Financier par ses origines et sa personnalité, Édouard Hentsch fait du Comptoir national d’escompte de Paris une banque « mixte ».

Édouard Hentsch est né à Genève en 1829. A 25 ans, il entre au comité de direction de la maison de Haute Banque Hentsch Frères et Cie, fondée par son grand-père en 1806 et installée à Paris depuis 1813. Il se signale rapidement par son esprit d’initiative en participant à de nombreuses affaires industrielles et financières, comme la création de compagnies de chemin de fer.

Le Comptoir devient une banque d’affaires

Tout en conduisant la banque familiale, il prend part, aux côtés d’Alphonse Pinard, à la création de la Banque de crédit et de dépôts des Pays-Bas en 1863 et à celle de la Société générale en 1864. Administrateur d’une multitude d’établissements industriels et financiers, Édouard Henstch prend la présidence du Comptoir d’escompte de Paris (CNEP) en 1874, qu’il oriente vers un rôle d’institut financier, sinon de banque d’affaires, spécialisé dans la création et le contrôle de sociétés industrielles ou bancaires. Cette nouvelle politique se traduit d’abord par un net redressement : le total du bilan est multiplié par trois entre 1873 et 1880. Le Comptoir est devenu une « banque mixte » qui mêle l’escompte, les valeurs mobilières, les émissions d’emprunts nationales et internationales.

Les difficultés des années 1880

Mais la dépression économique des années 1880 fait entrer le Comptoir dans une phase délicate. Sur les 14 agences ouvertes de 1860 à 1872 en métropole et à l’étranger, 7 sont fermées ou réduites à de simples représentations.
En 1887, le Comptoir se voit entraîné dans des opérations hasardeuses. Compromettant sa liquidité par des engagements disproportionnés à l’égard de la Société des métaux, il ne peut plus faire face aux retraits de la clientèle. La chute du Comptoir d’escompte de Paris en 1889 brise la prestigieuse carrière d’Édouard Hentsch qui meurt ruiné en 1892.

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