Horace Finaly, un banquier d’exception

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Horace Finaly (1871-1945) - Archives historiques BNP Paribas

Horace Finaly (1871-1945) - Archives historiques BNP Paribas

S’il est d’abord un banquier d’affaires à la tête de la Banque de Paris et des Pays-Bas, Horace Finaly marque aussi son temps par son implication dans la vie politique et la fascination qu’il exerce sur ses contemporains.

Une envergure internationale

Fils d’un financier hongrois d’origine israélite, Horace Finaly fait des études de droit et entre en 1900 à la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il symbolise à lui seul l’ouverture internationale de Paribas par sa maîtrise des langues étrangères et les nombreuses missions qu’il assure à l’étranger pour la banque. Il parcourt toute l’Europe, se rend en Amérique du sud en 1905, effectue un tour du monde par la Russie, le Japon puis les États-Unis en 1907. Dès les années 1900, il s’initie également aux questions industrielles, en suivant notamment le dossier de la Norvégienne de l’azote. Ces deux orientations marquent son rôle à la tête de la banque après la guerre.

Directeur de la Banque de Paris et des Pays-Bas

Les résultats qu’il obtient lui permettent de gravir très vite les échelons. Nommé directeur en 1909 puis directeur général en 1919, Horace Finaly oriente sa politique vers la prise de participations industrielles dans les secteurs stratégiques, comme la chimie, la construction électrique et la sidérurgie, secteurs où la France est alors en retard par rapport à l’Allemagne.
Il prône une politique de coopération économique et politique entre les différents pays d’Europe et multiplie les investissements en Europe centrale (création de la Banque des pays d’Europe centrale) et en Méditerranée (Banque ottomane, Banque d’État du Maroc). La Banque de Paris et des Pays-Bas joue un rôle essentiel dans la prise de contrôle des pétroles d’Irak (Compagnie française des pétroles et Total) et des Balkans (Steaua Romana) ; elle intervient dans la réorganisation des États successeurs de l’Empire austro-hongrois.
Horace Finaly s’attache également à consolider les relations avec les principaux organes d’information, et prend ainsi des participations dans Havas et Hachette, constituant un véritable réseau autour de la banque.

La légende d’un banquier mystérieux

Dans la France de l’entre-deux-guerres, l’aura d’Horace Finaly, personnage secret qui refusait même d’être photographié, est immense. Ce qui explique son rôle auprès des différents gouvernements qui se succèdent à la tête du pays. Il aide le Cartel des gauches et soutient le franc Poincaré. La presse de droite le surnomme « Finaly Ier, le roi de la République ». Ami de Léon Blum, il le conseille au moment du Front populaire. « Il faisait et défaisait les ministères » écrit de lui le Journal des débats en 1937. Horace Finaly inspire même la littérature de son époque : on le reconnaît dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, et dans le banquier Emmanuel Moïse que Giraudoux met en scène dans son roman Bella (1926).
Le 4 juin 1937, il est poussé à la démission pour raisons politiques par le Conseil d’administration, alors présidé par l’ancien gouverneur de la Banque de France, Emile Moreau. La petite histoire raconte qu’il quitte immédiatement la rue d’Antin, sans même repasser par son bureau !
Il quitte la France en août 1940 pour échapper aux mesures raciales, et passe les dernières années de sa vie à New York, où il s’éteint le 20 mai 1945.

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